"Un bébé ça pleure, c'est normal !"

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu cette phrase depuis la naissance de mon petit garçon. Néanmoins, c'est l'une de mes plus grosses angoisses dans ma nouvelle vie de maman et une source de stress quotidienne.

Un moyen de communication...
A leur naissance, les bébés pleurent pour s'exprimer puisqu'il s'agit du seul outils à leur disposition. Je pensais avoir parfaitement accepter cela : un bébé pleure pour signaler qu'il a faim, sa couche est sales ou encore il a trop chaud ou trop froid. Mais outre ces besoins physiques il y a également les besoins émotionnels qui entrent en compte. Aussi, en grandissant, l'enfant fait par de son besoin d'être rassuré, d'être câliné ou alors il essaie d'exprimer sa fatigue, son mécontentement....
Les pleurs sont donc leur moyen de communiquer avec leur parents mais le plus dur est de comprendre ce qu'essaie de nous dire notre bébé.

(https://www.enfant.com/votre-bebe-0-1an/0-3mois/calmer-ses-pleurs.html)

Quand il y a un vrai problème...

On nous dit souvent que les parents savent déceler chez leur enfant quand quelques choses ne va pas. Pourtant, dès la maternité quand mon bébé hurlait pendant des heures entières, on ne cessait de me répéter que c'était normal qu'un bébé pleure. Les jours passant, les pleurs ne cessaient et s'intensifiait de plus en plus ; fatigue, incompréhension, nous étions complètement dépassés. Nous avons donc suivis notre instinct nous sommes rendus aux urgences pédiatriques. C'est ainsi que nous avons découvert que notre nouveau-né hurlait parce qu'il souffrait (RGO).
Pendant les premières semaines de sa vie nous n'avons connu que ces hurlements incessants qui pouvaient durer de nombreuses heures consécutives. Reconnaître les pleurs de notre bébé ? Impossible, il s'agissait toujours des mêmes cris. Quand nous en parlions au médecin, toujours la même phrase « un bébé pleure c'est normal, on ne peut rien faire il faut attendre que ça passe en grandissant » (RGO, coliques). Devons nous alors laissez notre enfant souffrir en « attendant que ça passe » ?
Finalement, nous avons eu raison de ne pas laisser tomber : après plus d'un mois et demi, notre médecin nous prescrit un nouveau traitement et là miracle. Quelques jours plus tard, nous découvrons un bébé qui s'éveille et ne pleure plus toute la journée. Alors oui un bébé ça pleure, mais la douleur ne devrait pas être prise à la légère sous ce prétexte !
(à l'heure actuelle nous nous battons toujours contre les coliques que rien ne soulage...)

Épuisement et Culpabilité...
Que ceux qui n'ont pas eu un bébé qui pleure sans arrêt cesse de me jeter la pierre. Je crois que ceux là ne peuvent comprendre dans quel état on se trouve quand notre enfant passe ses journées entières à pleurer. Après l'incompréhension vient la fatigue, physique et mentale (car en plus des pleurs, forcement il y a les nuits très courtes). Parce que oui, un enfant qui pleure plus de six heures consécutives, c'est juste épuisant. Un enfant qui hurle sans que l'on sache pourquoi ? C'est stressant. Et quand on se retrouve seule la journée avec un bébé qui pleure toute la journée sans arrêt, c'est démoralisant. La fatigue s'accumule au stress, et souvent nos propres larmes n'arrivent plus à s'arrêter : on craque.
Passés les premiers instants de honte, on commence à en parler pour évacuer ce trop plein d'émotions (souvent négatives). J'ai beau aimer mon fils plus que tout, je ne supportais plus ses pleurs. Je redoutais chaque réveil, avais une boule au ventre dès qu'il s'endormait et l'estomac qui se retournait dès les premiers pleurs. C'est ainsi que s'installe la culpabilité : ce sentiment de honte qui nous envahit face à notre incapacité à mieux gérer, à ne pas savoir comprendre les pleurs et ne pouvoir les calmer. On a beau vouloir tout faire pour essayer de répondre aux pleurs de son tout-petit, ne pas y parvenir me rendait malade et bien souvent j'ai remis en doute ma capacité à être une bonne mère.
Être maman ça s'apprend et en discutant un peu, je découvre que je suis loin d'être la seule à me sentir si coupable face aux pleurs de mon bébé. J'ai beau essayer d'accepter que c'est normal qu'il pleure, cela ne rend pas ça plus supportable et de nouveau.. je culpabilise !
Je sais que les premières semaines de vie de Petit Prince ont été tellement difficiles à cause des ses pleurs incessants que cela m'a traumatisé. Aujourd'hui, j'essaie de tout mon cœur de ne pas me sentir coupable quand je ne comprend pas ce qu'il veut mais c'est très dur.
Et puis si c'est normal qu'un bébé pleure, pourquoi dans les lieux publics les gens se retournent vers vous dès que votre enfant se met à pleurer ? Oui, je sais que je ne devrais pas me soucier du regard des gens mais ma propre culpabilité grandit dans de tel cas.

(http://drolesdemums.com/bebe/photos-complicite-chaque-maman-bebe)

Laisser pleurer bébé : pour ou contre ?
Quand nous sommes dépassées par une situation, beaucoup sont enclins à nous donner de nombreux conseils, et les pleurs de bébé ne font pas exception. Alors que tout le monde semblait s'entendre sur le fait qu'on ne laisse pas pleurer un nouveau né, les désaccords commencent.
D'un côté il y a ceux qui persistent à dire qu'il ne faut surtout pas laisser pleurer un bébé. A cet âge là, ils ne font pas de caprices aussi s'ils pleurent c'est pour exprimer quelques choses. De même, laisser pleurer un bébé développerait ses hormones de stress selon certains membres du personnel médical et ainsi en faire un enfant introverti qui est habitué à ce qu'on ne réponde pas à ses appels. A cet âge là ils ont encore besoin de présence, d'être rassurés et câlinés donc s'ils demandent à être dans les bras, il faut y répondre.
De l'autre côté, il y a ceux qui commencent à nous dire qu'à deux mois un bébé commence à comprendre et à « tester » ses parents. Alors faut-il vraiment le laisser pleurer pour qu'il comprenne que c'est l'heure de dormir ? Est-ce vraiment LA solution pour faire cesser les pleurs ?
J'avoue que cette totale opposition entre les deux idéaux n'ont fait que renforcer ma culpabilité. Chaque fois que mon bébé pleurait, je me précipitais pour le prendre pour ne surtout pas qu'il stresse et ne s'inquiète. Sauf que à ce rythme, je ne pouvais plus manger pendant plus de cinq minutes, m'habiller le matin se faisait sous les pleurs... bref, je saturais et culpabilisais de plus belle.

Jusqu'au jour où j'ai commencé à comprendre les différents pleurs : au bord des larmes, j'ai préféré déposer mon bébé dans son lit pour ne surtout pas lui faire ressentir mon stress et ma souffrance. Aussi, a t-il pleurer pendant une petite dizaine de minutes, sans pour autant hurler tandis que je me reprenais. Quand je ne l'ai plus entendu je suis aller voir... mon Petit Prince dormait ! C'était la première fois qu'il faisait une sieste dans la journée (en dehors de mini-sommes dans les bras). Le soir, dans le même état j'ai fais la même chose et Mr Papa m'a dis de le laisser vu qu'il ne pleurait pas vraiment et encore il s'est endormi !
C'est là que j'ai compris : si mon bébé pleure toute la journée c'est qu'il est fatigué (aucune sieste dans la journée) et j'ai découvert que si je le couche aux premiers signes de fatigue c'est (presque à chaque fois) gagner pour 30-45 minutes de siestes. C'est aussi à ce moment que j'ai découvert qu'il pleure souvent avant de s'endormir ; alors qu'il s'endort sans problème le soir (et pour de longues nuits) la journée il a beaucoup de mal à trouver le sommeil.

Alors j'avoue que depuis j'essaie de prendre sur moi pour ne pas culpabiliser. Je commence doucement à différencier les différents pleurs de Petit Prince (il était temps selon moi!!) et je sais à quel moment je dois le laisser (un peu) pleurer. De même, j'essaie de lui expliquer que j'ai aussi besoin de manger ou de faire certaines choses pendant qu'il est dans son transat près de moi.
Un juste milieu entre ces deux écoles de comportements face aux pleurs ; je suis incapable de laisser pleurer mon bébé quand je sens qu'il y a un problème ou lorsqu'il se tord de douleur mais lorsqu'il pleurniche dans son transat parce que je ne m'occupe pas de lui ou qu'il pleure pour trouver (ou retrouver) son sommeil, je le laisse faire tout en surveillant. Et bien entendu je savoure le temps que je passe avec lui à jouer, rire et gazouiller et nous prenons toujours du temps pour les câlins avec maman (et papa).
La culpabilité n'est jamais loin quand je ne parviens pas à comprendre pourquoi mon Petit Prince pleure mais je sais qu'il faut du temps pour devenir maman. Avec le temps, je finirais par savoir ce qu'il a, comprendre ce qu'il essaie de me dire. Mais surtout, je me rappelle que tout ce dont il a besoin c'est de l'amour de ses parents !
 

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