Espace livres: Le pouvoir des bébés, Daniel Rousseau, édition Max Milo


Si la couverture m'a tout de suite interpellée, j'avoue que le résumé n'a fait que confirmer mon envie de découvrir cet ouvrage.
Longtemps les bébés n'ont été jugés que comme des êtres végétatifs qu'il fallait nourrir et changer ; néanmoins, la façon de voir les choses à radicalement changer et heureusement.
Par de nombreux exemples à travers ce livre, l'auteur s'emploie à nous montrer comment et jusqu'à quel point l'enfant réagit et se façonne par rapport à l'univers qui l'entoure.



Dans le cas idéal d'un cercle rempli d'amour, de tendresse er d'attention, le bébé s'épanouira normalement à rythme régulier. Cependant dans un cadre moins idyllique, celui ci sera marquer et ses réactions seront bien différentes, preuves de sa capacité à analyser et réagir à ce qui l'entoure.
Privée d'amour ou même d'attention, le tout jeune enfant peut s'effacer au point de se laisser aller et ne plus réagir du tout. Sans repères fixe, le nourrisson ne comprend pas et ne peux pas s'adapter à son environnement qu'il n'a aucun moyen de repérer ; d'où l'importance d'une certaine stabilité. Enfin, dans le cas extrème où l'enfant vit dans un environnement brutal, violent, il sera constamment sur le quivive, inquiet et cela le conduira parfois à ne plus se faire remarquer pour se faire « oublier ».
Et oui, même si petit on ne peut nier que le nourrisson comprend ce qui l'entoure que ce soit l'amour ou simplement la réponse à ses demandes, dans ce cas il n'hésitera pas à exprimer lors d'un besoin ou à l'inverse il cessera consciemment de réclamer s'il sait qu'aucune réponse ne lui sera donner ou encore qu'il pourrait être victime de violence. On ne pense pas à quel point chaque situation peut les toucher dans leur comportement mais également les marquer de manière si durable.

A travers l'exemple de plusieurs enfants, ce médécin nous explique alors les comportements adoptés par chacun en réponse de son « vécu » si petit soit il. Des cas malheureusement, souvent très durs, des bébés en situation délicate qui se retrouvent retirés à leur parents ! C'est violent parfois et j'avoue avoir été attérée par certains exemples mais cela illustre parfaitement le propos de l'auteur. (et heureusement ces bébés ont été pris en charge justement pour grandir entourés d'amour et d'attention).

Ce que j'ai appris :
  • Un bébé qui pleure beaucoup est moins alarmant qu'un bébé que l'on entend jamais. En effet, certains bébés traumatisés, n'osent même plus réclamer en cas de faim ou faire comprendre qu'ils sont mal à l'aise par peur de ce qui pourrait advenir. Un bébé qui réagit et s'exprime le fait car il a confiance en l'adulte pour lui répondre.
  • L'importance de la parole. D'accord les bébés ne parlent pas mais ce n'est pas une raison pour ne pas leur parler. On me l'avait énormément dit en service pédiatrie mais l'auteur montre ici l'importance de parler aux tout-petits. Même s'ils ne comprennent pas toujours tout, cela les rassure, les apaise.
  • L'importance du regard. Tout au long de son témoignage l'auteur insiste sur cette connexion vitale et indispensable pour l'enfant. À travers un regard, il existe dans les yeux de celui qui lui donne cette attention, un échange important se fait rien que par le regard. Si l'on refuse cette connexion, l'enfant à force ne la cherchera plus et se tournera vers quelqu'un d'autre.
  • La figure d'attachement ou le fait que l'amour des enfants pour leurs parents n'est pas inconditionnel. Bien entendu, la figure d'attachement sera la mère puis le père pour chaque bébé, qu'il aimera comme l'extension de lui même. Mais dans le cas où l'amour n'est pas réciproque ou si l'enfant est victime de délaissement (ou de violence) il cherchera une autre figure d'attachement qui peut être un parfait inconnu dans la mesure où celui-ci lui répond (par un regard) ou répond à ses besoins (physiques et émotionnels).
  • L'instinct de protection ou l'intelligence incroyable des bébés dès leur naissance. Bien plus que des éponges à émotions, les enfants ressentent les choses de manières incroyables et ont des moyens de réagir pour se protéger. J'ai vraiment été très étonnée parfois devant ma lecture de la compréhension ou du ressenti de certains nourrisson face à des situations compliquées.


Ce que j'ai particulièrement aimé c'est l'avant dernier chapitre du livre sur l'instinc maternel, son absence, le sentiment d'être maman. L'auteur explique alors sans tabou que l'instinct maternel n'existe pas selon lui et que parfois le fameux « coup de foudre » lors de la rencontre à l'accouchement n'est pas forcément présent. Etre maman ce n'est pas toujours inné, cela s'apprend, s'accepte avec le temps qui peut parfois être plus ou moins long. Le déclic est parfois brutal et spontanné sans que cela n'induise une mauvaise manière d'être mère. Enfin l'auteur pointe du doigt la différence entre l'enfant imaginé et l'enfant réel ; un fait avéré qui touche beaucoup de jeunes mamans. Un très beau passage que j'aurais aimé approfondir !


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